Aquariophilie Lille |
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Que faut-il pour un combattant du Siam? Quel type d'aquarium, de nourriture, faut-il chauffer l'eau, l'oxygéner, etc....
Betta splendens est une espèce fréquemment rencontrée dans le commerce. Qualifie de robuste dans la littérature aquariophile, il n?en demeure pas moins que les formes actuelles sont bien plus sensibles aux conditi8ons de maintenance que leurs ancêtres?
Betta splendens de la famille des Belontiidés a pour caractéristique principale la présence d?un organe de respiration annexe, complémentaire des branchies et appelé labyrinthe. Cet organe supra-branchial situé dans le crâne est constitué de fines lamelles osseuses recouvertes de membranes richement vascularisées. Il permet au combattant d'assimiler directement l'air ambiant et de survivre dans des eaux pauvres en oxygène, là où aucun autre poisson ne peut rester en vie. Ce particularisme lui est d?une grande utilité dans la Nature ou sa survie est en jeu. Cependant, en aquarium, nous nous devons de lui procurer des conditions de vie idéales. Une bonne maintenance est un atout supplémentaire pour obtenir une reproduction quelquefois capricieuse.
De la chaleur
Il est illusoire de vouloir maintenir des bettas mâles dans des pots de yaourt ou des verres à cognac, sous prétexte qu'ils se rencontrent dans les eaux stagnantes des rizières. Appliqué à la maintenance, ce principe revient à les faire vivre au milieu de leurs propres déjections et les condamne à brève échéance?
Il est de loin préférable de garder mâles et couples dans des aquariums d'un volume minimum de 15 à 20 litres, correctement agencés. La végétation offre des refuges naturels idéaux pour les femelles. Une petite racine de tourbière, quelques pieds de Cryptocoryne constituent le décor principal. Des plantes flottantes telles Riccia fluitans et Ceratophyllum demersum permettent aux poissons de couler des jours paisibles à la surface.
L?amateur n?a que l?embarras du choix pour créer un aquarium régional, car de nombreuses plantes originaires du Sud-Est asiatique sont actuellement commercialisées, offrant de multiples combinaisons possibles.
La filtration n?est pas une nécessité vitale, mais elle permet une bonne répartition de la chaleur. Un petit filtre exhausteur placé dans un coin et faiblement alimenté par une pompe à air présente l?avantage de maintenir l?eau propre.
La plupart du temps, l?eau du robinet est acceptée à condition qu?elle ne soit ni trop dure ni alcaline. Un pH proche de la neutralité et une dureté de 10 à 15° dGH conviennent. La température de maintenance ne doit pas descendre en dessous de 22 °C, les valeurs optimales se situant entre 26 et 28 °C. Cette espece ne craint donc pas les fortes chaleurs estivales si les renouvellement d?eau sont frequents, sur la base de 20 % du volume par mois.
L?aquarium est couvert, de façon à limiter les différences de température entre l'eau et la couche d'air de surface, lorsque les poissons viennent y respirer.
Pas adaptés à l'aquarium communautaire
Disons le tout net : même s'ils sont magnifiques voire " décoratifs ", la vie en communauté n'est dans la plupart des cas pas adaptée aux Betta splendens. Ces poissons de nature calme et paisible supportent mal la concurrence des autres espèces et n'apprécient pas les fort courants rejetés par les pompes de brassage au niveau de la surface.
Les combattants peuvent pourtant être maintenu avec de petits characins et rasboras. La cohabitation avec des espèces vives ou volontiers taquines telles Hyphessobrycon callistus et Barbus tetrazona est à éviter si l'on tient à garder les nageoires des bettas intactes? D'autre part, ces derniers sont particulièrement intéressés par les longues caudales des guppies ! Si les femelles peuvent être théoriquement maintenues en groupe, les frictions inévitables sont à l'origine de blessures qui s'infectent, sans parler du stress généré par la domination des plus fortes.
Un strict carnivore?
Le régime alimentaire fait toute la différence entre un betta quelconque et un beau betta, véritable clef de voûte en matière d'élevage.
L'ennui naquit un jour de l'uniformité, cette maxime est également valable pour les bettas dont il est nécessaire de varier les menus. Si dans un premier temps les spécimens nouvellement achetés refusent de consommer des paillettes auxquelles ils ne sont pas accoutumés, il est aisé de faire la transition avec des larves de chironomes lyophilisées. Une fois les poissons habitués aux paillettes, elles constitueront leur alimentation principale.
Les nourritures vivantes sont de très bons compléments alimentaires pour ces poissons carnivores : daphnies, nauplies d'artémias, microvers, larves de chironomes et de moustiques sont excellents et disponibles également toute l'année sous forme congelée.
L?alimentation, clef de la réussite fera toute la différence entre échouer et réussir sa maintenance sur le long terme. Si les poissons durant leur phase de croissance doivent être nourris copieusement jusqu'à l?age de six mois, adultes ils ne réclament qu?une distribution quotidienne. Les bettas trop nourris meurent jeunes, car ils sont peu mobiles à l?age adulte et n?arrivent pas à brûler leur graisse. Un jour de diète par semaine est une bonne solution si l?on souhaite conserver ses poissons de nombreuses années?
Car les bettas peuvent vivre plus deux ans, tout comme le poisson rouge, plus de 6 mois !
La reproduction du betta est considérée comme des plus faciles, mais beaucoup d'aquariophiles se heurtent à des problèmes de compatibilité au sein du couple qu'ils viennent d'acquérir.
Un aquarium de vingt à trente litres, rempli sur une hauteur de 15 cm environ, convient pour un premier frai. Il faut éviter de prendre un bac plus petit, à cause de l'agressivité que risque de manifester le mâle envers la femelle. Celui-ci peut en effet aller jusqu'à la tuer si le volume est trop restreint.
La qualité de l?eau a peu d?importance, dès l'instant qu'elle a été vieillie, que son pH est neutre et sa dureté de l'ordre de 10 °dGH. La température, relativement élevée, est comprise entre 26 et 28 °C. La filtration ou l?aération du bac ne sont pas obligatoires, mais un diffuseur faiblement alimenté par une pompe à air évite la formation d?un voile bactérien.
Il est important de garnir l?aquarium de quelques éléments qui permettront à la femelle d'échapper aux attaques du mâle, par exemple des pots de fleurs plus ou moins brisés. Les plantes, telle la mousse de Java, contribuent également à sa sécurité. A la surface, quelques cabombas et élodées laissées flottantes servent d'ancrage au nid du mâle. Pour éviter tout courant d?air et maintenir une atmosphère chaude et humide au-dessus de la surface de l?eau, le bac est couvert par une plaque de verre légèrement inclinée. Ainsi les gouttes d'eau dues à la condensation tomberont hors du nid.
Le couple sélectionné est introduit simultanément dans le bac, le soir à l'extinction des lumières. Je ne pense pas qu'isoler le mâle et la femelle par une cloison, ou pire introduire cette dernière dans un verre flottant soit une bonne chose. Il est donc préférable de laisser les choses se faire naturellement. C'est à la femelle de tenter les approches, et elle peut tout naturellement se soustraire à l'agressivité du mâle grâce aux cachettes mises à sa disposition.
Dès le lendemain matin, le mâle parade toutes ouïes et nageoires déployées dans une zone du bac. La femelle, ouïes écartées, tente dans un premier temps de l'approcher, nageant contre son flanc. L'agressivité du mâle augmente avec son excitation. Il la frappe de son corps arqué en "S" et tente de la mordre. Elle fuit alors précipitamment, poursuivie par son compagnon bien moins rapide. Lorsqu'il la perd de vue, il retourne sur le territoire qu'il s'est définit, souvent dans un coin de l'aquarium, à proximité d'une plante flottante. Entre deux incursions vers la femelle, il débute la construction du nid. L?air prélevé à la surface est enveloppé d?un mucus salivaire puis recraché sous forme de fines bulles, amalgamées entre-elles pour former une nacelle.
Intéressée par cette activité, la femelle tente alors de nombreuses approches mais elle est aussitôt pourchassée par le mâle. Il semble normal qu'elle soit malmenée par ce dernier lors du premier frai, qu'elle perde quelques écailles et voie ses nageoires abîmées. Il est même courant qu'elle se retrouve immobile sur le substrat, épuisée. Lorsque l'ouvrage est en voie d'achèvement, le mâle se métamorphose. Il ne cherche plus dès lors à agresser sa compagne mais tente de l'attirer faisant de brefs aller-retour entre elle et le nid, nageoires de velours et sans violence? La femelle vient se positionner alors contre son flan, le corps incliné vers le bas en signe de consentement. Le mâle entame un mouvement circulaire autour d'elle, dans la zone du nid.
C'est alors un des plus beaux spectacles du monde aquatique.
Le mâle se positionne perpendiculairement à la femelle et la retourne ventre à l?air, rapprochant ainsi leurs orifices génitaux. Ce délicat exercice est répété plusieurs fois, avant que dans une série de tremblements les ovules et la laitance soient libérés. Ils choient lentement sur les nageoires voiles du mâle, puis vers le fond de l'aquarium.
Plus prompt à reprendre ses esprits, le mâle plonge pour les saisir en bouche et les incorporer au nid, qu?il consolide sans cesse en soufflant de nouvelles bulles. Une fois remise de ses émotions, la femelle participe la plupart du temps à cette tâche.
Les étreintes se succèdent au fil des heures (deux à trois) jusqu?à épuisement de la masse ovarienne. Une fois le frai terminé, la femelle est reconduite hors de la zone du nid, le mâle s'occupant seul de sa progéniture. C'est à ce moment que la plupart des aquariophiles décident de la retirer. Le mâle continue inlassablement à souffler des bulles pour consolider le nid. Les ?ufs petits et blancs sont tellement bien incorporés que leur présence n'est pas aisée à distinguer. L'incubation dure trente-six heures à 28 °C et l'éclosion des larves de 2,5 mm passe inaperçue. Pendant les trois premiers jours, tels de minuscules virgules flottantes, elles pendent accrochées au nid. Lorsque l'une d'entre elles tombe, elle est immédiatement prise en bouche par le mâle puis soufflée au milieu de la portée. La nage libre intervient au quatrième jour, c'est alors que le mâle peut à son tour être retiré. Cependant, rien ne s'oppose à laisser les géniteurs ensemble en présence des jeunes. Dans les faits et sauf exception, ils les ignorent totalement. Dans la Nature, il ne fait aucun doute qu'un mâle invite plusieurs femelles à frayer dans le nid. Dans ce cas, les alevins quittent naturellement le giron paternel au fur et à mesure de leur croissance. Un couple en période de reproduction peut frayer à nouveau au bout de trois ou quatre jours.
Une croissance rapide
Dès la nage libre au quatrième jour, les jeunes sont directement nourris de nauplies d'artémias. Cette méthode est de loin la plus efficace et la plus sûre. La croissance des alevins devient phénoménale sitôt passée la période fatidique de la troisième semaine, où le labyrinthe achève de se développer et entre en fonction. C'est ici que le couvercle trouve toute sa fonctionnalité, maintenant une température et un degré hygrométrique élevés. Il ne doit être que légèrement déplacé pour permettre le nourrissage des jeunes. En effet, tout refroidissement met leur vie en danger.
A partir de la cinquième semaine, il est temps de les transférer vers un plus grand bac où ils poursuivront leur développement. Cette étape est l'occasion d'une première sélection. Les individus les plus chétifs seront impitoyablement éliminés.
Les aquariums de croissance sont des bacs nus, dont le fond est régulièrement siphonné pour ôter les éventuels restes de nourriture et les déjections. L'eau est filtrée et renouvelée sur la base de 10 % tous les trois jours, sa température est proche de 28 °C. Si ces conditions permettent une croissance rapide, elles produisent en revanche des individus de taille très variable. Sur une cinquantaine de jeunes, deux ou trois mâles sortent du lot et atteignent l'adolescence dès l'âge d'un mois et demi. A deux mois, ils sont déjà aptes à se reproduire avec des femelles du même âge. Leurs couleurs sont fixées et les ébauches des nageoires permettent déjà de se faire une idée de la qualité de l'individu. Malheureusement, cette période d'adolescence correspond aussi au moment où il devient nécessaire de séparer les mâles si l'on désire conserver leurs nageoires intactes? C'est alors que commencent les problèmes de récipients et de renouvellements d'eau?
Comme chacun le sait, isoler chaque poisson dans des pots de yaourt demande beaucoup de travail, d'autant plus que chaque portée compte facilement une cinquantaine de mâles. J'ai personnellement résolu ce problème en utilisant les faisselles dans lesquelles sont vendus les fromages frais, et qui permettent de les égoutter. Il suffit de les placer dans un aquarium large, de hauteur faible et rempli d'eau. Un mâle est introduit dans chaque panier. Le siphonnage de l'aquarium principal suffit pour procéder aux renouvellements d'eau.
Voila, voilà?.
Bonne chance avec tes bettas, ce sont des poissons fabuleux qui demandent beaucoup de patience.
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